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Index de l'article
Historique
I . INTRODUCTION
II. HISTOIRE DE L’UNIVERSITE D’ALGER ET DE LA BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE
III. L’INCENDIE
IV. LA RECONSTITUTION DE LA BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE APRÈS L’INCENDIE
V. CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
Toutes les pages

I . INTRODUCTION

            Le 7 juin 1962 à l2 heure 27 minutes, la Bibliothèque Universitaire d'Alger que d’aucuns pensent être le plus beau fleuron de la « Mission civilisatrice » fut « détruite par ceux là même qui se vantaient d'avoir apporté la civilisation à un pays inculte».

            L'incendie de la bibliothèque universitaire d'Alger, n'est pas un phénomène nouveau, L'histoire de l'humanité est jalonnée de ce genre de crime : de Rome à la Bosnie-Herzégovine en passant par Alexandrie, Baghadad hier et aujourd’hui, l'Andalousie, Louvain, Santiago de Chili, Beyrouth, les inquisiteurs, suivant le bruit cadencé des pas des nouveaux maitres qui s'installent au pouvoir, jettent au feu la mémoire humaine. Mais dans le cas de la Bibliotheque Universitaire d'Alger, l'incendie aune autre portée, une autre dimension: priver la nouvelle nation de la matière première nécessaire à la formation de ses cadres pour préparer ainsi la dépendance. » …Et nous"les cadres de demain", on nous offre d’encadrer quoi ? D’encadrer ? ... les ruines et les morceaux de cadavres sans doute …«   belle prophétie lancée par l’UGEMA dans son appel à la gréve générale des Etudiants , « ….Aux yeux de ses auteurs, ce crime avait une valeur de symbole. Dans leur nationalisme aveugle et désespéré, ils prétendaient barrer aux élites algériennes l'accès à la culture pendant de longues années. Pour des raisons opposées, ce crime fut aussi un symbole aux yeux de la conscience universelle. Brûler des livres, c'est attenter au visage de l'homme : c'est lier la liberté au bûcher. ...La guerre est finie, et beaucoup de ses plaies, même les plus graves, se sont cicatrisées. Mais le souvenir de l'incendie de l'Université d'Alger demeure …. » (1)

            Hier cet acte était définit comme un « Autodafé «  aujourd’hui avec l’évolution du droit international, la Bibliothèque de l’Université d’Alger fut victime de « Mémoricide »*  qui est considéré comme un  Crime contre l’humanité au même  titre que le « Génocide » et la « Purification culturelle »** . Les organismes internationaux ont établis »… que la destruction systématique et délibérée des Bibliothèques et des Archives constitue un crime  contre l’humanité en vertu du droit international humanitaire et des conventions de Genève (1949) et de la Haye (1954).

            En se proposant d'étudier en premier lieu et dans le détail l’Historique de la Bibliothèque universitaire d’Alger et par extension celle de l’Université, c’est d’abord parce que cette institution est une partie prenante de l’Histoire de l’Algérie  et ensuite du fait de sa position dans l’enseignement supérieur qui fit d’elle cette cheville ouvrière  de la recherche et de la pédagogie.

* (Le terme Mémoricide a été utilisé pour la première fois par le professeur MIRKO Grmek  en 1992)

** La purification culturelle est elle aussi pernicieuse que la purification ethnique ?: Conseil de l’Europe 1993, Doc. 6756, 3-4.

1. Mr Edmond Michelet Président de l’Assosication France-Algerie

2. International Humanitarian Law - Code Lieber 1863  Voir également les textes ci-dessous

 

Traité concernant la protection des institutions artistiques et scientifiques et des monuments historiques, (Pacte Roerich). Washington, 15 avril 1935.

[Introduction][Texte intégral][Articles][Etats parties][Etats signataires]

Acte final de la Conférence intergouvernementale sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. La Haye, 14 mai 1954.

[Introduction][Texte intégral][Articles][Etats signataires]

Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. La Haye, 14 mai 1954.

[Introduction][Texte intégral][Articles][Etats parties][Etats signataires]

Protocole pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. La Haye, 14 mai 1954.

[Introduction][Texte intégral][Articles][Etats parties][Etats signataires]

Résolutions de la Conférence intergouvernementale sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. La Haye, 14 mai 1954.

[Introduction][Texte intégral][Articles]

Deuxième Protocole relatif à la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, 26 mars 1999

[Introduction][Texte intégral][Articles][Etats parties][Etats signataires]

            L’Université d'Alger est née à partir d'une optique coloniale bien déterminée: « Donner un enseignement à tous les enfants des nations qui contribuent au peuplement de l'Algérie » et les exigences de la colonisation permirent à un nombre très limité d'Algériens musulmans de franchir le seuil de l'Université: Le colon aura ses cadres intermédiaires.  Si nous avons jugé utile de parler de l'histoire de cette Université et de la politique générale de l'enseignement durant la période de colonisation, c'est afin de mieux situer l'optique coloniale dans ce domaine.

            L'incendie de la bibliothèque universitaire a été l’œuvre d'une organisation tenante d’un ordre dépassé, d'une Algérie française, qui ne « voulant rien laisser intact de ce que leurs parents ont édifiés » a appliqué la « Politique de la terre brûlée ». Aussi, dans un bref survol historique, nous présenterons cette organisation. Les renseignements relatifs à l'origine de la bibliothèque universitaire d'Alger : (organisation, structures, acquisitions, statistiques...), proviennent d’une documentation datant de l’époque coloniale et des archives de la bibliothèque et c’est dans le but de mieux comprendre cette institution, que nous avons opté pour l'analyser, d'étudier ses fonds par types de documents.

             Contrairement à ce que l’on veut faire croire, que l’acte fut le travail d’une organisation terrorriste, d’un groupuscule en marge de la société française, des tenants de « l’Algérie Française »,…faux,  l’incendie de la Bibliotheque est une suite logique de crimes culturelles succéssifs commis par le colonialisme.depuis son arrivée en Algerie  en 1830, les manuels d’histoire nous font savoir que les premiers actes « civils » et « militaires » furent des crimes culturels :Fermeture des Ecoles et Medersas, interdiction de la langue Arabe, dévastation et pillage des manuscrits lors des razzias,… »…Parmis les crimes dont on peut accuser , avec preuves à l’appui, l’ex-puissance coloniale, l’un des moins justifiables à la fois moralement et politiquement est l’entreprise systématique de déstruction culturelle du peuple algérien ; il a été soumis à une politique délibérée de déchéance intellectuelle » pour reprendre Mourad Benachehou

                  Quand on commence une politique de destruction et d’annihilation, la logique et la bêtise humaine voudrait qu’elle se termine de la même maniére.



 

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