ibn khaldoun
IBN KHALDOUN
(1332-1406)
BIO-BIBLIOGRAPHIE
Ibn Khaldoun ne cesse de jeter un défi hautain à tout le monde ; à l’Europe ethnocentriste, sectaire et à l’orient oublieux et désinvolte.
Mustafa LACHERAF. 1988
Réalisée par : R. AIT SAID
AVANT PROPOS
Le nom d’Ibn Khaldoun est lié à l’histoire du Maghreb. C’est un homme politique, un penseur qui a réussi à assumer en lui-même le message intellectuel et spirituel d’Aristote à travers Ibn Rochd, malgré son admiration pour El Ghazali. Il a su comment l’intégrer dans sa pensée et notamment le communiquer à une longue postérité. Pour pénétrer cette immense œuvre et apprécier le chemin parcouru depuis sa révélation à l’universalité par la célèbre traduction du baron de Slane, une tâche difficile, minutieuse, exigeante, mais à certains égard exaltante.
Cette bibliographie que nous proposons devrait être essentiellement un instrument de travail dont l’objet principal est de fournir immédiatement aux chercheurs et aux étudiants les références qu’ils souhaitent pour approfondir leurs travaux. Ce guide chronologique à travers le passé témoigne de l’importance de l’œuvre de notre auteur. Ce choix est délibéré pour en juger de l’évolution des travaux sur Ibn Khaldoun. Nous avons adopté un classement par ordre chronologique, l’année de publication qui est suivie d’un numéro d’enregistrement. A la fin nous avons établi un index des noms d’auteurs pour permettre une utilisation adéquate pour tous. Cette bibliographie pourra servir pour une constitution d’un fonds spécial Ibn Khaldoun par une simple politique des échanges entre les bibliothèques ou avec des moyens modernes de reproduction.
I – NAISSANCE
Il naquit en pays berbère à Tunis le 27 – 05 -1332, il mourut au Caire le 19 – 03 – 1406.
II – SA FAMILLE
D’après la légende de son autobiographie, elle fut originaire du Yémen. Elle s’est établie dans la ville de Séville en Espagne au début de la conquête musulmane au huitième siècle de l’ère chrétienne, jusqu’au début de la Reconquista au XII siècle. Durant cette période, elle joua des rôles politiques importants. Au début du XIII siècle, elle déménagea a Ceuta ( Sebta en arabe) au Maroc probablement pour des raisons politiques, elle ne tardera pas à s’établir définitivement à Tunis. Son établissement dans cette ville coïncide avec le règne de la dynastie berbère des Hafsides (1228 – 1574), Royaume puissant politiquement et prospère économiquement. Il signa de nombreux traités avec de Royaumes Européens. Il fut même reconnu pendant un certain temps comme Calife et Emir des croyants. Dans cette ambiance royale, sous le règne du prince Abu Ishak pendant quatre ans (1279 – 1283) l’arrière grand père de notre auteur reçut la charge des finances.
Un autre prince Ibn Abi Umara succéda à Abu Ishak et il mit fin à sa carrière en confisquant la totalité de ses biens. Son grand père continua par la suite à occuper des fonctions officielles dans le Royaume à Tunis et à Bougie. Par contre, son père se désintéressa complètement de la politique.
Il se contenta de mener une vie de lettré et de faqih et se consacra à l’éducation de ses deux enfants : Abderrahmane (1322 - 1406) et Yahia (1333 – 1379)
III – SON EDUCATION
Il reçut une éducation très soignée suivant la tradition de l’époque, d’abord un garçon doit avoir une formation coranique très poussée, parallèlement à cela il reçut une solide formation de philologie, de grammaire, de droit et surtout de Fiqh.
Il était très assidu et il s’est montré avide de connaissances. Il s’est intéressé à toutes les doctrines en vogue de son époque et même d’avant. Il fréquenta les écoles et les cours des plus grands maîtres de son temps. Parmi ceux là, nous nous permettons de citer quelques uns pour illustrer nos propos.
· Abou Abdellah Mohamed Abdel Moheimen El Hadremi : grand lettré et secrétaire du Sultan
· Abou L’Hassan qui posséda une bibliothèque très riche en ouvrage de tous genre.
· Abou Abdellah Mohamed Ibn Ibrahim El Abdeli, le grand maître des doctrines rationnelles, la philosophie et les sciences.
· Abou Abdellah Mohamed Ibn Abdessalem.
· Abou Al Abbas Ahmas Ibn Al Ghammaz.
· Abou Abdellah Mohamed Ibn Souleima Assatti.
· Abou Abdelmuhaymin Al Hadrami.
· Abou Al Abbas Ahmed Azzawani.
Entre autre, il connut de nombreux savants du Maghreb et d’Andalousie, il déclara lui –même dans ses écrits « j’ai joui de leur contact direct, j’ai profité de leur hospitalité et j’ai obtenu de chacun d’eux une Idjaza (une sorte de diplôme de reconnaissance) ».
IV – SA CARRIERE
· 1336 – Mort de son grand père.
· 1347 – Il fit la connaissance d’ Al-Abili, qu’il considéra par la suite comme son principal maître.
· 1348 – Agé à peine de 16 ans, il perd ses parents et ses maîtres dans une grande épidémie de peste noire qui a sévi à Tunis.
· 1352 – il fut nommé chancelier (chahib el alama) auprès du sultan hafcide Abu Ishaq. Cette nomination fut beaucoup plus une nécessité qu’une promotion, vu le drame qui a touché sa famille.
· 1353 – Il fit la connaissance du mérinide Abu Inan à Tlemcen.
· Il regagna Fès.
· 1355 – Il fut nommer secrétaire du sultan Mérinide à Fès.
· 1357 – Il fut suspecté de complot et d’intrigues contre le sultan Abu Inan, il écopa 21 mois de détention, il ne sera libéré qu’après la mort du sultan.
· 1359 – Il participa activement au mouvement qui porta le prince Abu Salim au trône de Fès, en guise de récompense, il fut nommé comme secrétaire confidentiel (Katib Assir)
· 1361 – Après la mort du sultan Abu Salim, il se brouilla avec le vizir Amar Ibn Abdellah, il tomba en disgrâce et il sera nommé comme simple juge d’appel à la cour de justice.
· 1362 – Il décida de partir pour la ville de Grenade en Andalousie chez le sultan Mohamed V et son vizir Al Khatib avec lesquels, il lia une grande amitié.
· 1363 – Il fut chargé par le sultan Mohamed V d’une représentation diplomatique auprès du roi de Castille, Pierre le cruel, mission dont il s’acquitta honorablement, ce qui fit grandir l’estime du roi pour lui.
· 1365 – Il part pour Bedjaia auprès de l’Emir Abu Abdellah qui le nomma chambellan en le dotant ainsi de plein pouvoir. Après la mort de l’Emir Abu Abdellah, il livra la ville à Abu Al Abbas, mais ne se sentant pas en sécurité, il se réfugia à Biskra chez l’Emir Ibn Mozni.
· 1368 – Il regagna Tlemcen auprès du sultan Abou hammou qui le chargea d’une mission d’intermédiaire auprès des tribus arabes riyah.
· 1370 – Il a voulu quitter Tlemcen clandestinement pour Grenade, car il craignit l’offensive du sultan Mérinide Abdelaziz de Tlemcen. Il fut rattrapé au port de Hunayn avant son embarcation.
· 1372 – Après la mort du sultan Abdelaziz, il se rend à Fès pour se consacrer uniquement à l’enseignement, mais des circonstances particulières l’ont obligé d’y aller chez les Banu Salama à Frenda. D’ailleurs, c’est durant cette retraite qu’il rédigea son œuvre capitale Al Muqaddima.
· 1375 – 78 Après de nombreuses turbulences politiques, il se réfugia a la Kalaa des Banu Hammad.
· 1378 – De retour à Tunis où il reçut un accueil très chaleureux de la part d’Abu Al Abbas.
· 1382 – Il quitta Tunis à cause de l’Imam Arafa qui ne cesse d’intriguer contre lui par jalousie, alors il décida de partir en pèlerinage à la Mecque.
· 1383 – Au retour de la Mecque, il décida de s’établir au Caire, il fut introduit auprès du sultan Az Zahir Barquq par son ami Tunbuga Al Jubani.
· 1384 – Il fut nommé cadi malékite et comme enseignant à la médersa Al Qamhiya.
· 1385 – Il fut nommé comme conférencier à la médersa Al Qamhiya.
· 1386 – Il fut nommé comme professeur de hadith à la médersa carghatmish.
· 1387 – Il fit son second pèlerinage à la Mecque.
· 1390 – Il fut nommé comme cadi malékite.
· 1400 – Le sultan Faradj succéda à Barquq, il accompagna le nouveau sultan dans son voyage à Damas. Il visita Jérusalem, à son retour au Caire, il sera révoqué de son poste de cadi malékite. Il reprit ses enseignements à la médersa.
· 1401 – Il fut mêlé aux tragiques événements de Damas auprès du mongol Tamerlan.
· 1402 – Il termina sa carrière comme cadi malékite jusqu’à sa mort le 19 mars 1406. Il est enterré au cimetière des soufis au Caire.
V – SON OEUVRE
Dans le domaine des sciences sociales, il a ouvert de nouveaux horizons. Il a écrit avec une grande facilité sur l’histoire, la sociologie, le droit, la jurisprudence et l’économie. La force de son intelligence a engendré l’immensité de ses connaissances, l’originalité de ses conceptions et la valeur incontestable de ses œuvres. Dans la Muqqadima, il insiste sur la valeur de l’histoire, il critique les approches méthodologiques erronées des historiens anciens. Malgré l’outillage conceptuel de l’époque qui fut spécifique au Maghreb, l’œuvre d’Ibn Khaldoun s’inscrit dans l’universalité. Sa vision des évènements n’avait encore d’égal dans toute la littérature arabe ou universelle du Moyen-Age.
Pour Ibn Khaldoun, il y a une trilogie des Empires et des civilisations. Un Empire se constitue, construit une civilisation et puis il se sédentarise. C’est de cette citadinité que naissent les germes de la décadence, ensuite la mort certaine de l’Empire. Ce dernier passe par un cycle de formation, puis par l’état de maturité, ensuite sous la pression et la poussée de nouvelles forces, il succombe. Ibn Khaldoun fut le premier à avoir décrit cette logique historique trois siècles avant le philosophe italien Vico, G. (1668 – 1744) dans son œuvre « Les principes de la philosophie de l’histoire ». Il esquissa une pyramide de trois âges : le divin, l’héroïque et l’humain. L’œuvre de Vico est considérée comme l’œuvre fondatrice de l’historiographie de l’histoire pour les occidentaux.
Dans une certaine mesure, nous le comparons aussi à Machiavel (1469 – 1529). Il a abordé les relations entre la morale et la politique, il a pratiqué comme lui la diplomatie et il a servi à maintes reprises les souverains et les sultans. En substance, il a côtoyé les hommes et les faits, il a su observer, analyser les phénomènes sociaux de son époque. Il su choisir la dynamique sociale pour concevoir sa méthode et cela dans le but de démystifier les phénomènes complexes de la société.
Il a démontré l’importance de la connaissance pour la compréhension de la politique et cela bien avant l’historien et économiste français J. Bodin (1529 – 1596) partisan de la monarchie absolue. Ibn Khaldoun a combattu le monopole de la main mise par l’Etat sur la culture et en particulier l’enseignement. Pour lui, l’enseignement doit rester libre « Les gens qui depuis leur première jeunesse ont vécu sous le contrôle d’une autorité qui cherche à former leurs mœurs et à leur enseigner les arts, les sciences et la pratique de la religion, un tel peuple perd beaucoup de son énergie et n’essaye presque jamais de résister à l’oppression ».
Pour Ibn Khaldoun , le caractère de l’homme dépend des usages et des habitudes, c’est un principe essentiel des sciences sociales. Le mérite en revient à Ibn Khaldoun avant les positivistes et les psychologues modernes comme Gustave Lebon (1841 – 1931). La soumission à l’autorité nuit à la bravoure des citadins et elle leur enlève l’idée de se protéger eux – mêmes. L’oppression démoralise et brise toute énergie sous un gouvernement qui se maintient par la force. Les sujets perdent le courage, châtiés sans pouvoir résister, ils tombent dans un état d’humiliation qui brise leur énergie. Il pense que le progrès intellectuel et moral d’un peuple ne peut être assuré que grâce à une éducation libre et cela quelques siècles avant le philosophe et homme politique français Condorcet (1743 – 1794) auteur d’une esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain.
A – POUVOIR :
Pour Ibn Khaldoun l’homme vit en société par un besoin inné, il pense ses besoins, il se regroupe par intérêt, car c’est le seul moyen d’arriver à ses fins. C’est dans la vie collective que naît le besoin d’équilibre.
La même idée a été exprimée dans l’œuvre Léviathan (1651) par le philosophe anglais Hobbes (1588 – 1679) connu pour son matérialisme en philosophie, pour son utilitarisme en morale et pour son despotisme en politique.
Pour Ibn Khaldoun, le pouvoir peut se reposer :
¨ Soit sur la loi religieuse (idée très chère à Ibn Taymia).
¨ Soit sur une politique rationnelle, c’est-à-dire inscrire l’intérêt particulier dans l’intérêt général, c’est la même attitude que Spinoza (1632 – 1677).
¨ Soit sur une domination charismatique traditionnelle.
Il ramène le rôle de l’Etat à quatre principes généraux :
¨ La sécurité des hommes et des biens.
¨ La justice.
¨ La régulation et l’arbitrage des transactions sans que l’Etat n’intervienne.
¨ La perception de l’impôt a condition qu’il ne soit pas trop lourd.
B – POPULATION :
Les théories économiques du Moyen- Age stipulaient que la richesse sociale dépend avant tout du nombre d’habitants d’une nation et de son mode d’activité. C’était la conception populationniste, par contre pour Ibn Khaldoun la population conditionne la richesse, mais cette dernière à son tour limite la population. Les quantum des subsistances varient en fonction directe avec la population. La croissance démographique développe la division du travail. Le nombre des industries augmente, les villes deviennent plus actives, parce qu’elles sont plus peuplées et donc plus riches. Mais quand ce développement a atteint ses limites, la décadence de l’Empire s’ensuit fatalement.
C – COMMERCE :
Pour Ibn Khaldoun l’échange doit être libre, il rejette l’accaparement et le monopole, mais uniquement du point de vue éthique. Pour lui le commerce est le dernier moyen naturel de subsistance à l’époque du troc, il n’est devenu d’ailleurs un véritable métier qu’avec l’avènement de la monnaie. C’est grâce à elle qu’on a pu quantifier d’une manière précise les prix et les gains. Il y avait aussi à l’époque d’autres difficultés plus objectives comme l’insécurité économique et les difficultés de transport.
D – AGRICULTURE :
Il déclara que l’agriculture occupe le premier rang parmi les moyens naturels de subsistance, c’est le plus ancien métier de l’homme depuis Adam. Pour Ibn Khaldoun l’agriculture doit demeurer l’occupation principale d’un peuple, car elle a une valeur intrinsèque plus importante par rapport a d’autres activités. Dans les temps anciens la ruine de l’agriculture signifie la perte de l’Empire.
E – INDUSTRIE = SINAAT :
L’industrie est la deuxième source naturelle de la richesse. Elle se trouve que chez les sédentaires. Il y a deux categories d’industries:
¨ Il y a les industries simple c’est- dire toutes les choses indispensables à l’homme dans son environnement immédiat,
¨ Il y a les industries composées qui sont organisées en fonction de la richesse de l’Empire et de sa stabilité politique.
F – ECONOMIE POLITIQUE :
La pensée économique d’Ibn Khaldoun est née sous l’influence de juristes musulmans qui ont assez discuté les questions relatives à l’impôt dans sa conception et sa détermination. Le Zakat (impôt sur la fortune) et le Jiziat El Kharadj (impôt foncier) qui ont été les plus répandus à son époque. Il s’est inspiré également des philosophes musulmans comme Al Farabi (871 – 950), Avicenne (980 – 1037), Al Ghazali (1058 – 1111), le commentateur d’Aristote Ibn Rochd (1126 – 1198) et cheikh Abou Fadhed Dimachki pour l’économie domestique, la valeur du travail, les mérites du commerce, la classification des biens et le rôle échangiste de la monnaie. Les idées économiques d’Ibn Khaldoun sont en même temps que la science de la culture ( Ilm el omran ), les problèmes économiques sont étudiés comme faits sociaux et les lois économiques comme lois sociales. A son époque, les doctrines mercantilistes croyaient que la vraie richesse consiste dans l’accumulation des métaux précieux ( or, argent ).
Ibn Khaldoun pense tout a fait le contraire, il considère que les mines d’or ne sont pas la vraie richesse d’une nation. La vraie source de richesse est le travail, il lui attribue d’ailleurs le même rôle primordial dans l’économie d’une nation que le capital. Pour lui, le capital n’est qu’un instrument « l’homme ne peut accomplir l’acte de production en faisant seulement coordonner son travail et la nature. Il doit avoir recours à l’emploi d’une richesse intermédiaire appelée capital ». Prolégomènes p.122. C’est dans le même ordre d’idées que l’économiste français Montchrestien, A.de (1575 – 1621) annonça deux siècle plus tard dans son traité d’économie politique « ce n’est point l’abondance d’or d’argent, la quantité de perles et de diamants qui fait la richesse et l’opulence des Etats ». Le travail est un agent principal qui existe dans toutes les branches de l’agriculture et de l’industrie. Le revenu dépend donc du travail et cela explique la diminution ou l’absence de bénéfice quand le travail ralentit ou s’arrête. Ibn Khaldoun estime que « l’arrêt ou le dédain du travail est une cause de dégradation politique et économique »Il pense que l’excès de l’opulence et du luxe dans une société pousse les gens à délaisser le travail et à cesser de pourvoir à leurs propres besoins. L’arrêt de travail qui en résulte détermine à son tour la décadence de l’Empire. Il déclare que le travail est source de toute richesse, que l’argent est source de progrès et que la culture est civilisation des peuples. A bien des égards, il devançait l’économiste anglais Adam Smith (1723 – 1790), le chef de file de l’école classique sur la théorie de la richesse et la théorie de la valeur. Il a posé comme principe essentiel le travail comme source de toute richesse. Une organisation économique se réalise spontanément par la loi de l’offre et de la demande. L’homme peut se conduire librement au sein de cette organisation en fonction de son intérêt personnel et cela en l’inscrivant dans l’intérêt général. En effet, les sociétés humaines sont nées de la représentation de cette efficacité économique du groupement.
G– IMPOT :
Ibn Khaldoun attribue à l’impôt la même importance que les physiocrates quatre siècles plus tard. Pour le rappel la doctrine des physiocrates présentait une théorie générale de la société qui reposait sur deux conceptions :
¨ L’une d’ordre philosophique (l’ordre naturel).
¨ L’autre de caractère économique (le produit net). Pour les partisans de cette doctrine l’agriculture est la seule source de richesse. Le fondateur de cette doctrine c’est François Quesnay (1694 – 1774) qui publia en 1758 son œuvre essentiel le Tableau Economique, dans lequel il exposa le circuit économique de l’interdépendance des activités économique, des relations entre la production des biens et la répartition des revenus. Cette exerça une grande influence sur les autres disciples tels que :
¨ Mirabeau (1715 – 1789), Dupont de Nemours (1759 – 1817), l’Abbé Baudeau (1730 – 1792), Lemercier de Nemours et Le Trosne (1728-1777)
CONCLUSION :
Tout le monde s’accorde aujourd’hui, pour lui accorder le titre de précurseur et même le fondateur des sciences sociales. Sa célébrité est due à son œuvre exceptionnelle « La Muqaddima » qu’il composa entre 1374 et 1376. Sa vie fut occupée par l’enseignement, la politique, et les fonctions officielles auprès des souverains de dynasties, de royaumes du Maghreb, d’Espagne et d’Egypte. Il s’agit pour Ibn Khaldoun d’explorer en profondeur et à l’échelle universelle, le phénomène de la naissance, de l’essor et du déclin des civilisations qu’il perçoit surtout à travers le conflit du sédentaire et du bédouin. La civilisation en général (Umran) est conçue comme le progrès de l’humanité vers la construction des villes et le développement de l’industrie, du commerce, le fonctionnement de l’administration, la constitution d’une armée et d’une monnaie pour les échanges. Sa vision de la société était réaliste et rationaliste, sa méthode était de distinguer la vérité de l’erreur en s’appuyant sur la raison. Les éléments doivent être rangés logiquement selon une conception synthétique servant à expliquer les phénomènes politiques, économiques et sociaux.
Mis à jour ( Samedi, 30 Mai 2009 15:13 )
Exposition









